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Actualité – Bibliothèques

[Pages de Bretagne] Sophie Gimenez à Bruz : une femme d’expérience à la médiathèque


photo [Pages de Bretagne] Sophie Gimenez à Bruz : une femme d’expérience à la médiathèque
Sophie Gimenez – Copyright : Pierre-Henri Allain

Avec plus de vingt ans d’expérience, Sophie Gimenez a pris la direction de la médiathèque de Bruz en septembre 2021 avec un programme qui tient en quelques mots : multiplier les animations pour mieux « casser les barrières ».

Plutôt que le terme un peu barbare de « médiathécaire », Sophie Gimenez, jeune cinquantenaire aux faux airs de Françoise Hardy, reste farouchement attachée au titre de « bibliothécaire », fonction qu’elle exerce depuis maintenant plus de vingt ans. « J’y tiens, dit-elle d’une voix posée. Parce que, même si on trouve ici tous les supports et tous les médias, le livre reste au coeur de tout. »

Venue de Reims en septembre dernier pour prendre les rênes de la médiathèque de Bruz, parce qu’elle voulait « entendre le cri des mouettes » et se rapprocher de la mer, cette Normande d’origine a désormais pris la mesure - quelque 900 m2 sur deux niveaux – du bâtiment tout en longueur, tout de verre et de rayonnages bien remplis qui prolonge le gros paquebot du Grand Logis. Mais avec encore des objectifs bien définis à accomplir.

« À côté de la salle de spectacle du Grand Logis et de la Maison de la Jeunesse, la médiathèque de Bruz est mal identifiée, estime t-elle. J’aimerais lui donner davantage de visibilité et de lisibilité. Étant le premier et le seul équipement culturel entièrement gratuit, la médiathèque occupe une position singulière et j’aimerais en diversifier les publics, casser les barrières. Il y a encore trop de gens qui se disent que ce lieu n’est pas pour eux. »

Pour cela, Sophie Gimenez ne jure que par une arme d’éducation active : l’animation. Sous toutes ses formes. Un exercice qu’elle a pratiqué assidûment durant les dix-huit ans où elle fut responsable du secteur jeunesse de la médiathèque rémoise. Durant cette période, ce sont près de cent-cinquante auteurs, écrivains mais aussi cinéastes ou dessinateurs de presse, qui ont été invités dans les murs de l’institution où elle avait mis en place « une mosaïque de propositions ». Concerts, accueil de scolaires, clubs de lecture, goûters philo, ateliers tricot, ateliers d’écritures poétiques pour le jeune public ou encore rencontres autour des fake news ou de la relation entre justice et journalisme.

« La médiathèque est le lieu des débats et de la lutte contre “ l’infobésité ”. Elle doit nous aider à répondre à nos questionnements et à démêler les choses. À Reims, nous sommes allés vers tous les publics, en développant la médiation », insiste celle qui n’était jamais aussi heureuse qu’en entendant des gamins dans le bus se réjouir des mangas découverts dans ses rayonnages. À Bruz, Sophie Gimenez entend s’appuyer sur cette expérience, mais aussi sur les initiatives déjà en place dans la seconde ville de la métropole, comme les « balades en poésie », les lectures musicales, les tournois de jeux vidéo ou les apéros BD au bar du Grand Logis. Sans oublier les rendez-vous numériques sur la sobriété numérique, la gestion des mots de passe, etc.

« Il ne s’agit pas de faire des coups mais de construire les choses pas à pas, en collaboration avec les associations, en mettant en valeur les petits éditeurs et en associant les libraires indépendants du secteur, comme la Cabane à lire et Page 5, à certaines opérations », précise t-elle. Dans la tâche qu’elle s’est fixée, Sophie Gimenez qui, ayant elle-même formé ses pairs au sein de l’Association des Bibliothécaires de France (ABF), connaît parfaitement les facettes du métier, pourra également continuer à développer le travail qu’elle a déjà engagé avec la Bpi (Bibliothèque publique d’information) sur l’éducation aux médias, un sujet qui lui tient particulièrement à coeur.

« On ne peut plus vivre en autarcie », résume t-elle, relevant la nécessité d’une étroite collaboration avec les cinquante-trois autres médiathèques de la métropole ou la participation à des manifestations d’envergure régionale.

Pour l’heure, même si elle aimerait pouvoir  pousser les murs d’un lieu devenu exigu, elle se réjouit d’être aux commandes d’une médiathèque dont la fréquentation (21 % de la population bruzoise) est assez nettement supérieure à la moyenne nationale (14 %). Après plus d’une heure d’entretien, l’ex-étudiante en littérature anglosaxonne, qui a visité dans ses jeunes années les bibliothèques américaines pour nourrir une thèse sur les Quakers, n’a en outre qu’un seul cri du coeur : « Je fais un super métier, fait de rencontres et de super  moments, sans jamais un jour comme un autre. On est tous les jours immergé dans la culture et cela fait beaucoup de bien. »

Médiathèque municipale
Le Grand Logis
10, avenue du Général-de-Gaulle
35170 Bruz
www.mediatheque-bruz.fr

Article rédigé par Pierre-Henri Allain, dans Pages de Bretagne, n°52, juillet 2022